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Paul Sannier (1922-2013)

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Paul Lucien Sannier naît le 28 janvier 1922 à Berck (62, Pas-de-Calais). Il est fils de Lucien et Mélanie Durand. Le 13 octobre 1945, il épouse Juliette Lerché.

Il décède le 21 mars 2013 à Rang-du-fliers (62), à l'âge de 91 ans.

Paul est happé par le STO le 30 juin 1943. Il est envoyé à Magdebourg, en Allemagne, pour travailler dans l’usine Schäffer et Bidenberg. Cette entreprise fabrique (à l'origine) des accessoires pour chaudières et machines à vapeur. Il ne quittera l’Allemagne qu’en avril 1945.

Comme tant d’autres, il parlera très peu de cette période de sa vie. Il parlera de ses copains d'infortune. Il parlera surtout de fabrication d'obus, des ouvriers si "maladroits" que les produits étaient souvent mis au rebut. Des comptages permanents auxquels les hommes étaient soumis. De la nourriture insuffisante pour répondre aux exigences du rythme de travail imposé.

 

[clic sur l'image pour voir le site Arolsen, d'où provient l'image]

 

[photos transmises par la famille]
La mise en place du STO

Le 9 novembre 1941, dans un discours, Hitler déclarait : "Dans les territoires occupés que nous contrôlons, nous ferons travailler jusqu’au dernier pour nous".

Et le 19 août 1942 : "L’Allemagne doit procéder au recrutement forcé". Le gauleiter Sauckel fut alors chargé de l’application de ces décisions. A la base de la législation sur le travail obligatoire se trouve le décret Sauckel du 22 août 1942 qui formulait la charte du recrutement forcé dans tous les pays occupés. En France Sauckel obtint du Chef de l’Etat français et du pseudo-gouvernement de Vichy, la publication de la loi du 4 septembre 1942, réquisitionnant tous les Français de 18 à 50 ans faisant moins de 30 heures par semaine. Or, à cette époque - et cela nul ne l’ignore - le Gouvernement de Vichy pour mieux livrer aux nazis le peuple français, créa, en France, le chômage artificiel.

Un décret du 19 septembre 1942 et une circulaire du 22 septembre 1942 devaient réglementer les modalités d’application de la loi du 4 septembre 1942. Cette loi allait permettre la Déportation, en Allemagne, des ouvriers français au titre du travail forcé, malgré la résistance qu’ils opposèrent. Les rafles furent alors organisées, des ouvriers furent pris au hasard dans les usines, à la sortie des métros, etc.

Dans une circulaire du 5 janvier 1943, Sauckel précise : "Suivant les instructions du Fuhrer, on peut employer des mesures plus sévères pour se procurer de la main-d’œuvre".

En application de ces directives, le 16 février 1943, le Gouvernement de Vichy promulgua la loi sur les S.T.O... Plus de 400 000 jeunes gens des classes 1940, 41 et 42 ont été frappés par cette loi, les sanctions prévues en cas de refus étaient les suivantes :
- Emprisonnement de trois mois a cinq ans ;
- Amendes de 200 à 100 000 francs.
- En cas de non-comparution, un mandat d’amener peut être délivré, conformément aux dispositions du paragraphe n°1 de l’ordonnance du Commandement Militaire.

Entre 1942 et 1945, 650 000 Français furent ainsi livrés à l’Allemagne.

Le 5 juin 1943, Laval déclare :
"Pour mettre un terme à l'arbitraire et à l'injustice, j'ai décidé d'appeler la classe 42 sans exception... il en est jusqu'à ce jour qui se sont dérobés à leur devoir... les défaillants, je tiens à le répéter, ne seront pas des profiteurs. Des instructions ont été données et des mesures rigoureuses seront prises - même contre leurs familles ou des complices - qui les mettront dans l'impossibilité de se soustraire longtemps à un devoir qui s'impose à tous".


Source des textes :

Les ArbeitsErziehungsLager

Etre soupçonné de sabotage avait de lourdes conséquences.

Les ArbeitsErziehungsLager. ou A.E.L. étaient des camps concentrationnaires édifiés en Allemagne, Autriche, Tchécoslovaquie, Pologne, Ukraine et même en France... à Guenange (Moselle).

Spécialisés dans la rééducation au travail, ils furent construits, dès 1940, par le R.S.H.A. (Reichssicherheitschauptant=Office suprême de la sécurité du Reich), regroupant, entre autres, la Gestapo (Geheimstaatspoilizei=Police secrète de l'Etat) et la Kripo (Kriminalpolizei=Police des affaires criminelles). Ces camps étaient destinés aux travailleurs allemands et aux ouvriers étrangers présents sur les territoires allemands, annexés ou occupés, condamnés à des peines de courtes ou moyennes durées.

En ce qui concerne la détention en A.E.L., un décret signé par l'inspecteur de la police de sûreté de Dusseldorf, du 22 août 1940, mentionne : "L'incarcération dans le camp a principalement lieu pendant 6 semaines, ce qui correspond à 3 semaines de détention préventive, de sorte que les bureaux de la police d'Etat puissent de leur propre autorité ordonner l’incarcération dans un camp d'éducation au travail". Chaque camp A.E.L. retenait entre 100 à 500 individus qui, aux yeux de leurs tortionnaires avaient commis des actes répréhensibles, et qui devaient être châtiés sévèrement.

La liste officielle des camps A.E.L. a été diffusée officiellement, en février 1969, par la Croix-Rouge Internationale d'Arolsen. Dans son "Rapport provisoire sur les camps de concentration, leurs Kommandos extérieurs, et autres lieux de détention, sous la direction du Reichsfürher S.S. en Allemagne et pays occupés-1933-1945" aux pages 484 à 500 et 502 à 505 elle donne les noms et lieux d'implantation des 104 camps A.E.L. classés alphabétiquement comme Kommandos extérieurs et sous Kommandos.

En 1944, le S.S. Kaltenbrunner, adjoint de Himmler, pourtant pas sensible à la situation des détenus, reconnaissait : "Je dois tout d'abord constater que les A.E.L. de la Police de Sécurité ne constituent pas un séjour de repos. Les conditions de travail, et de vie, sont en général plus dures que dans les Camps de Concentration..."

Dans son livre "Au coeur du IIIème Reich", Albert Speer, Ministre de l'armement, écrit notamment (page 126) : "Dans une lettre, datée du 7 mai 1944, Schiber, un des directeurs généraux, attira mon attention sur le fait que la S.S. s'appliquait à faire usage de son droit de disposer des travailleurs, pour les mettre au service de son expansion économique. En outre, la S.S. montrait de moins en moins de scrupules à soustraire de nos usines, un grand nombre de travailleurs étrangers, en prenant pour prétextes les infractions mineures, qu'ils pouvaient commettre, pour arrêter les délinquants, et les transférer dans ses propres camps. Mes collaborateurs évaluèrent à 30 ou 40.000 ouvriers qui nous furent retirés, tous les mois, au printemps 1944. C'est pourquoi, je déclarai à Hitler, au début Juin 1944, que je ne pouvais supporter la disparition de 500.000 travailleurs par an...".

Source du texte : 

Le débat mémoriel

STO : Trois initiales gravées dans la mémoire collective, qui disent l’humiliation, l’amertume, la peur des centaines de milliers de jeunes Français envoyés de force en Allemagne. Parmi eux, plusieurs personnalités devenues célèbres : Georges Brassens, Michel Galabru, Antoine Blondin, Cavanna, Raymond Devos…

Patrice Arnaud signe une étude magistrale, nourrie d’archives inédites et de témoignages oraux, sur ces requis du travail obligatoire.

Confinés dans des baraquements surpeuplés, soumis à un labeur harassant et à une surveillance de tous les instants, les "STO" établissent des rapports conflictuels, amicaux, voire amoureux avec la population allemande et les autres travailleurs étrangers. Parallèlement à cette histoire du quotidien, Patrice Arnaud analyse les politiques d’encadrement de cette main-d’œuvre par l’État national-socialiste.
 

Revenus en France, les requis seront stigmatisés, ce qui les incitera à défendre leur propre histoire, et à réclamer le statut de "déportés du travail".

Les débats mémoriels se cristallisent rapidement autour du terme de "déportés du travail", dans un premier temps accepté, puis refusé par les déportés politiques et résistants dans les années 1950. Sur fond d’opposition entre les différents partis politiques le débat, par moments assez vif, conduit à refuser les STO au titre de déportés du travail malgré les efforts de leurs associations. Après plusieurs rebondissements, plusieurs jugements concluent au final à ne pas utiliser le terme de "déportés" pour désigner les requis. Enfin en 2008, le titre qu’accorde un arrêté est celui de "Victime du travail forcé en Allemagne nazie" ce qui met fin sans satisfaire totalement l’ensemble des STO à "soixante années de conflit mémoriel".

 

Source du texte :

Paul Sannier est le grand-père maternel de Début-branche Mauborgne.

Il existe de nombreux sites, livres, articles... sur le STO :

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