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Jules Galmiche (1835-1896)

Il était temps que je donne la parole à Jules. Il commençait à trouver le temps long, camouflé dans mon arbre ! Aujourd'hui, c'est la Saint Jules, alors je l'invite volontiers.

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[clic] La croix du Christ serein - La Proiselière

 

 

Je m'appelle Jules Galmiche. Je suis né le

12 janvier 1835 (acte 13)

à Saint-Bresson dans la Haute-Saône (70).

Je prends la parole avec beaucoup de plaisir. Cela fait un peu plus de trois ans que ma famille et moi dormons dans votre arbre, camouflés aux yeux de tous ! Pfft ! Parce que vous voulez tout vérifier, acte par acte, ligne par ligne... Ceci dit, cela ne me déplaît pas. Je n'aurais pas aimé être affublé d'une famille qui n'est pas la mienne. Vous avez secoué la poussière qui recouvrait une petite vingtaine de personnes. Mais il vous en reste d'autres à réveiller. Continuez à explorer ma famille, ma région. Vous y ferez de belles rencontres.

 

Je reconnais que ma région, la Haute-Saône, invite peu au rêve. Il paraît même - mais ce ne sont peut-être que des rumeurs - que certains de mes descendants en parle comme de la ... Haute-Patate ! Je vais vous parler de ma famille, de notre vie. Puis je vous présenterais ma belle région, la "Région des 1000 étangs... et au milieu coule une rivière".

Je suis né dans une famille de cultivateurs. Mes parents Claude et Jeanne Baptiste Bresson étaient cultivateurs. Je suis devenu cultivateur, et mes enfants seront cultivateurs. Nous étions six enfants, et je suis le plus jeune : cinq garçons et une seule fille. Je n'ai pas connu Claude, notre aîné, qui a peu vécu, et est mort bien avant ma naissance. Mais les décès de Jean François en 1849 et de François en 1852, alors qu'ils n'avaient que 20 ans, ont été douloureux, pour nous comme pour nos parents. Jeanne, Jean Baptiste et moi nous sommes mariés et nous avons eu des enfants. Nos parents ont vécu jusqu'à 86 ans et 88 ans, mais n'ont plus connu la douleur de perdre un enfant.

J'ai épousé Marie Madeleine Viney le 20 février 1868 (acte 3) à La Proiselière-et-Langle. Toute la famille Viney était installée dans cette commune, alors nous les avons rejoints et nous y avons passé notre vie. Nous avons eu trois enfants. J'ai assisté au mariage de Marie Françoise avec Ferdinand Breugnot en 1890. Marie Madeleine et moi avons été bien chagrinés que Marie Constance ait un enfant sans être mariée. Je suis allé déclarer la naissance de Marie Elise à la mairie. Notre fille était bien jeune, mais courageuse. J'espère que par la suite elle a trouvé un mari qui a accepté sa fille. Je n'ai pas assisté au mariage de Jules Abel, car je suis décédé le 23 mars 1896 (acte 5). Et Jules n'avait que 20 ans. C'est l'année où il devait partir pour faire son service militaire. J'étais assez tranquille, car la guerre, celle de 1870-1871, était loin derrière nous. Mais dans les rumeurs qui courent par ici, il se dit qu'une autre guerre a eu lieu. Jules y est-il allé ? Ce sont des rumeurs, et je ne veux pas savoir...

La guerre... la guerre... On ne l'a pas vu venir ! Personne ne s'y attendait. Napoléon III, au début, je n'aimais pas trop. Mais bon... Roi, Empereur ou Président de la République... Le principal pour nous, c'est de pouvoir travailler, de pouvoir faire vivre sa famille. Et depuis quelques années, cela allait bien. Les gens avaient du travail, on voyait des choses nouvelles, comme le chemin de fer... Il y avait des usines, des mines... Et d'un seul coup, terminé. Mais pourquoi a-t-il déclaré la guerre ? Pourquoi ? A nouveau les batailles, les victoires, mais surtout les défaites. Par ici, on a eu notre lot. Tout près d'ici, en janvier 1871, à Villersexel, on a gagné. Les Prussiens sont partis en courant se réfugier à Montbéliard. Juste après, toujours à côté d'ici à Héricourt, c'est l'armée française qui est partie en courant se réfugier chez les Suisses. Et vainqueurs ou vaincus, toujours le même résultat : des morts, des villages détruits... Nous avons eu de la chance. La France a perdu l'Alsace et une partie de la Lorraine, mais nous sommes restés français. Nous en avons vu passer des pauvres gens qui fuyaient leurs terres, pour ne pas devenir Prussiens ! Certains sont restés ici, d'autres ne savaient où aller et sont retournés chez eux, là-bas. Les Prussiens sont restés jusqu'en 1873. Puis ils sont rentrés chez eux, et la vie a repris son cours. Entre temps, nous étions revenus en République, la Troisième. Il y a eu à nouveau des élections, et les Présidents de la République se sont succédé. Sur la fin de ma vie, j'ai été attristé par deux événements. La fusillade de Fourmies le 1er mai 1891, dans le Nord. Des ouvriers, des gens comme moi, qui demandaient juste à mieux vivre. Ils manifestaient pour que la journée de travail soit ramenée à huit heures. La troupe a tiré, il y a eu des morts. Et l'assassinat de Sadi Carnot en 1894. Je n'aime pas la violence, que ce soit contre des ouvriers ou contre un Président de la République.

[clic] Le Breuchin

Bon, il faut passer à autre chose, à un sujet plus gai. Ma région ! Haute-Patate ou pas, je sais qu'un jour on l'appellera la "Région des 1000 étangs". Je n'écoute pas toutes les rumeurs, mais celle-ci je l'ai bien écoutée. Le nom me plaît. Une région légèrement vallonnée avec beaucoup de forêts et de très nombreux étangs. Les anciens les ont aménagés au fil des siècles. Ici coulent le Breuchin et l'Ognon, deux belles rivières. Elles ne sont pas là que pour faire beau. Elles ont favorisé la venue de différentes usines : d'abord des papeteries, puis des filatures et des entreprises de tissage. Et nous autres cultivateurs ne sommes pas en reste. Nous avons de superbes troupeaux de bovins, surtout des vaches laitières : les montbéliardes. et nous fabriquons des fromages très réputés : Comté, Morbier, Mont d’Or, Bleu de Gex, Gruyère et Munster. C'est un bel héritage pour nos enfants et nos petits-enfants, et ceux qui viendront après eux. Si un Roi, un Empereur ou un Président de la République ne décide pas, un jour, d'en faire un nouveau champ de guerre.

Jules Galmiche est le Sosa 26, Génération V de Début-Branche Laurençot, c'est à dire l'arrière-arrière-grand-père d'un de mes beaux-frères.

Où vivait-il ?

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Il n'a pas été simple de choisir quelques photos de cette région. Elles proviennent toutes du site "Les Mille Etangs". Visitez-le : il y en a d'autres tout aussi belles. [clic] sur chaque photo pour mieux la voir.

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Brins d'histoire

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Jules fait partie de ces français qui ont vu changer les régimes politiques à grande vitesse. Restauration, Deuxième République, Second Empire, Troisième République ! Il a donc connu un Roi, un Empereur et plusieurs Présidents de la République. Il sans doute entendu parler de la Révolution de février 1848 qui a amené l'abdication de Louis-Philippe Ier, et la proclamation de la Deuxième République. Il a connu le Coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte en décembre 1851, puis l'avènement du Second Empire en décembre 1852. Et la Proclamation de la Troisième République, au lendemain de la défaite de Sedan alors que Napoléon III avait été fait prisonnier.

Il a connu la guerre de 1870-1871. Située à l'Est de la France, la Haute-Saône n'a pas été épargnée.

 

 

 

 

En janvier 1871, deux batailles ont eu lieu près de chez lui.

 

[clic pour mieux voir l'image]

 

La bataille de Villersexel. L'armée française est victorieuse. L'ennemi se replie sur Montbéliard. Mais le village est en ruine.

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La bataille d'Héricourt. L'armée française est défaite. Elle s'enfuit en Suisse, et dépose les armes au passage de la frontière.

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