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Saint-Benoît d'Hébertot (2) : Monographie

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Les monographies communales sont des notices géographiques et historiques rédigées à partir de la seconde moitié du XIXème siècle et décrivant les communes de France sous leurs différents aspects (géographie, histoire, administration, économie, etc.). Certaines ont été rédigées par des instituteurs et institutrices, en réponse à des directives générale du ministère de l'Instruction publique qui proposait des formulaires type de quelques pages. Il s'agit de documents manuscrits, de niveau très inégal. Certaines sont conservées aux Archives départementales.

En 1885, Madame Robert, Institutrice à Saint-Benoît d'Hébertot écrit une monographie sur le village. Cette monographie n'est pas exempte de jugements un peu rapides, mais elle présente l'intérêt de visiter les différents quartiers (= lieux-dits) du village, et d'apporter des informations sur quelques points d'histoire. Ce texte est conservé aux Archives municipales de Caen, côte BR 9668


Monographie communale de Saint-Benoît d'Hébertot
Par Madame Robert, Institutrice
1er novembre 1885


Sommaire

1 - Situation géographique
2 - Agriculture
3 - Les quartiers
4 - Les habitants
5 - L'origine du mot "Hébertot"


 
1 - Situation géographique
La commune de Saint-Benoît d'Hébertot, arrondissement et canton de Pont-l'Evêque, est située à peu près pour les 4/5ème de son territoire, sur un plateau d'une élévation d'environ 150 mètres au dessus du niveau de la mer, l'autre cinquième s'incline du côté de l'ouest et diffère du reste par ses accidents de terrain très multipliés.

Le sous-sol de cette dernière partie est surtout sablonneux et diffère en cela du sous-sol du plateau, qui est argileux. On trouve de la marne en quelques endroits du plateau, mais il faut aller chercher à une très grande profondeur, ce qui empêche d'en tirer tout le parti désirable pour l'agriculture.

La commune offre une longueur d'environ 4600 mètres du nord-ouest au sud-est, sur une largeur moyenne de 3000 mètres, du nord-est au sud ouest.

Elle est bornée au nord par la forêt de Saint-Gatien (vulgairement appelée la forêt de Touques), et le Theil ; à l'est par Genneville, Quetteville et Beuzeville (Eure). A midi par Saint-André d'Hébertot, dont elle est séparée par la voie romaine d'Augustodurus (Bayeux) à Julliobonum (Lillebonne), depuis le manoir de Fatouville jusqu'au Hutrel, du manoir de Fatouville à la Gauhaigne par le chemin de la forge Patin (ou Hatin). A l'ouest par le Vieux-Bourg, dont elle est séparée par le ruisseau de la Vigne .

Le centre de la commune est à environ 8 kilomètres de Pont-L'Evêque et à 6 kilomètres de Beuzeville. Elle est traversée par les routes de Pont-L'Evêque à Pont-Audemer, de Blangy à Honfleur, de Cormeilles à Honfleur, de Saint-Benoît à Honfleur (dite avenue d'Aguesseau).

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2 - Agriculture
La partie inclinée de son territoire consiste en herbages et prairies. Le plateau, qui, il y a quelques années était entièrement cultivé a été, pour une notable partie, converti en herbages et prairies.

A peu près toutes les essences d'arbres, fruitiers, de construction et de chauffage, arbres et arbustes d'ornement y jouissent d'une abondante végétation.

On y cultive de préférence les plantes fourragères et les céréales de manière avantageuse.

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3 - Les quartiers
On peut ainsi diviser le territoire de Saint-Benoît

- au nord : La Forge Michaux
- au nord-est : Tontuit
- à l'est : la Gauhaigne
- au midi : Fatouville, l'Eglise et le Hutrel
- à l'ouest : Trianon, Grieux et les Villains
- au nord-ouest : le Friche Moisy
- au centre : le Barquet et Bellevue


Nous allons parcourir successivement chacun des divers quartiers ou groupes que nous venons de signaler.

 1 - La Forge Michaux
 2 - Tontuit
 3 - La Heurtrie
 4 - La Gauhaigne
 5 - Noron
 6 - Fatouville
 7 - L'Eglise
 8 - Le Hutrel
 9 - L'ancien presbytère
10 - L'école communale
11 - Le Calvaire
12 - Trianon
13 - Le château de Malmain
14 - La propriété Grieux
15 - Les Villains
16 - Le Friche Moisy
17 - Le Barquet
18 - Bellevue
 

 

1 - La Forge Michaux : on désigne ainsi l'embranchement de la route de Saint-Benoît à Saint-Sauveur la Rivière, avec celle de Cormeilles à Honfleur, et aussi une petite partie de la campagne. Nous ne trouvons pas de choses intéressantes. Retour aux Quartiers

2 - Tontuit existait encore comme paroisse avant la Révolution ; son territoire a été réuni à la commune de Saint-Benoît, par une ordonnance royale du 14 octobre 1827. Le presbytère de cette paroisse, qui existe encore, a été vendu pendant la Révolution. L'église a été entièrement détruite. 

 

La croix érigée à l'emplacement de l'ancienne église Saint-Eloi, à Tonnetuit

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3 - La Heurtrie : où existait encore, il y a 30 ans, un petit manoir de peu d'apparence, mais il a disparu. Retour aux Quartiers

 

4 - La Gauhaigne : quartier limitrophe du département, renferme un certain nombre d'habitations. Nous savons seulement qu'au 17ème siècle, cet endroit était fréquenté à cause de ses foires et marchés, car un arrêt de la Chambre des Comptes de Normandie, du 30 septembre 1699, conservé dans les archives du Château de Saint-André d'Hébertot, maintient le droit de foire et de marché à la Gauhaigne. Retour aux Quartiers

 

5 - Noron : en descendant vers l'ouest et suivant la voie romaine, on trouve à droite la campagne dite de Noron ; dans un endroit appelé par les agriculteurs «ville de Noron», on retrouvait encore, il y a quelques années, de restes de constructions, tels que fragments de briques, pavés, ...

C'était probablement l'emplacement d'un petit monastère ou prieuré de Bénédictins dont parle Ordéric Vital : il rapporte en effet que Robert de Blangy, abbé de Saint-Evroult, obtint vers l'an 1160, du pape Alexandre III, une bulle confirmant en faveur de cette abbaye, la création ou la possession de trois les petits monastères établis par elle ou pour elle à Noron ou dans d'autres lieux.

Or Noron est situé à environ 1 kilomètre de l'église de Saint-Benoît ; il existe encore un sentier appelé "la petite rue de Noron" ; on ignore l'époque de la destruction de ce monastère ; peut-être a-t-elle eu lieu lors des invasions du 14ème siècle ou dans les guerres religieuses du 16ème siècle.

En continuant la voie romaine, vers l'embranchement de la forge Patin, on trouve, à droite, sur le bord de la dite voie, une croix fort ancienne d'un mètre de hauteur ; sur sa face principale, au milieu du croisillon, était sculptée une croix de Malte. Retour aux Quartiers

 

6 - Fatouville : à 100 mètres environ, en descendant la voie romaine, nous voyons à droite, le domaine de Fatouville. Il comprend une cour et un manoir seigneurial qui a eu beaucoup de modifications ; ce manoir fut habité, pendant plusieurs siècles, par la famille des chevaliers de Nolent, avant qu'ils eussent acheté le territoire d'Hébertot.

Nous savons que la famille de Nolent avait fait des libéralités en faveur de l'église paroissiale de Saint-Benoît d'Hébertot ; quelques membres de cette famille ont dû, si l'on en croit certaines traditions, être inhumés dans cette église ; toutefois les travaux et les fouilles faites lors de la dernière restauration de cet édifice, n'ont rien qui puisse appuyer ce souvenir. Même les fondations ont été perdues pendant la tourmente révolutionnaire, dans laquelle, aux dires des anciens, tout avait été pillé et saccagé dans cette église. On raconte encore les châtiments divins qui frappèrent les principaux auteurs de ce vandalisme simple. Leurs noms tristement célèbres risquent de passer à la postérité. Retour aux Quartiers

 

7 - L'église : en suivant toujours la voie romaine, nous tournons à droite à l'embranchement du chemin de Blangy à Honfleur, et nous arrivons à l'église paroissiale ; cet édifice, de petite dimension, avait primitivement son clocher placé en haut de la nef ; il fut abattu et un neuf fut bâti au bout inférieur de la nef, en 1745 ; en même temps, toute la toiture de l'église fut refaite; on peut encore remarquer dans les murs de la nef quelques pierres qui accusent une construction du 11ème ou 12ème siècle ; toutefois, il est certain qu'elle existait au 13ème siècle, car, en 1255, cette église et la paroisse avaient pour patron temporel Robert Bertran, baron de Roncheville et de Briquebec ; dans le 14ème siècle, ce seigneur était encore un Robert Bretran, septième du nom, maréchal de France, appelé par ses contemporains le "Chevalier au Verd Lion" ; au 16ème siècle, c'était le seigneur de Cléry ; au 17ème siècle la Duchesse de Monpensier et au 18ème siècle les Ducs d'Orléans.

Il est probable que cette église fut fondée par un Bertran sur son propre domaine, et que de là vint l'origine du patronage. Il y a lieu de supposer que cette église a été desservie d'abord par des Bénédictins de l'abbaye de Saint-Evroult, qui établirent, vers le 12ème siècle, ainsi que nous l'avons dit plus haut, le petit monastère de Noron. Le chemin direct, encore existant, de Noron à l'église, fait croire qu'il avait été créé pour l'usage des religieux ; c'est sans doute cette circonstance qui aura influencé sur le choix de Saint Benoît comme patron spirituel de cette église. Dans l'ancienne organisation ecclésiastique, la paroisse de Saint-Benoît appartenait à l'archidiaconé de Pont-Audemer et au doyenné de Honfleur.

Nous avons dit que l'église était de petites dimensions ; peut-être était-elle suffisante primitivement, quoique le nombre des chrétiens qui fréquentaient les offices fut plus considérable qu'aujourd'hui, cela tient bien évidemment à ce que, moins habitués au bien-être, les paroissiens se contentaient, pour assister aux offices, d'un simple siège ou au besoin, se tenaient debout ; quoiqu'il en soit, dès que la paroisse eut pourvu au remplacement des objets les plus indispensables au culte qui avaient été détruits pendant la Révolution, on songea à la restauration du monument.

En 1844, on construisit une sacristie, l'ancienne étant extrêmement petite. A peine bâtie, elle dût servir aux paroissiens, qui ne trouvaient pas à se placer commodément dans l'église ; cette assistance aux offices dans la sacristie ayant causé des difficultés, il fallut s'occuper d'agrandir l'église, ce qui eut lieu en 1865, par la construction d'une chapelle du côté nord de la nef. Cette chapelle est un style du ? siècle ; enfin en 1880, une chapelle parallèle à la première, de même style et de mêmes dimensions, ornée de magnifiques vitraux, fut construite du côté sud. Elle est due en entier et pour toutes les dépenses à la générosité d'un homme de bien, Monsieur Jean Campion, maire de Saint-Benoît d'Hébertot.

On a dû, à la même époque, réparer la charpente de la nef, ainsi que renouveler la couverture. Quant au chœur de l'église, fondations, murs et charpente étant ruinés, on a dû le reconstruire à neuf ; cette reconstruction a été faite dans le style du 13ème siècle. Les 4 fenêtres à deux baies sont ornées de grisaille ayant chacune un médaillon au milieu, reproduisant les principaux épisodes de la vie de Saint Benoît ; les voûtes du chœur, des chapelles et du transept sont faites en beau bardeau de chêne avec couvre joints, sous faîtes et sablières moulurées. Un beau pendentif, avec fleuron sculpté , relie gracieusement les 3 voûtes des chapelles et de la nef. Une robuste arcade en pierre de Caen, élevée à l'entrée du chœur, un charmant carrelage en pavés mosaïques, incrusté ? ; bien conçu comme style, découpant dans sa variété les différentes parties de l'édifice ; enfin une magnifique chaire en pierre, sculptée, avec bas reliefs dans les panneaux produisent un ensemble délicieux, qui fait honneur à l'architecte et à ceux qui, de contact avec lui, ont érigé cette restauration. 

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8 - Le Hutrel : sans nous occuper du Hutrel, sur lequel nous ne connaissons rien, nous quittons l'église en suivant la route de Blangy à Honfleur. Retour aux Quartiers

 

9 - L'ancien presbytère : à une centaine de mètres, nous nous arrêtons sous le magnifique ombrage de trois marronniers deux ou trois fois séculaires. C'est l'entrée de la cour de l'ancien presbytère, vendu à la révolution. En face et vers le milieu de cette cour s'élève une maison d'une certaine importance ; les 5 ou 6 siècles qu'elle a vu passer n'ont pu altérer sa solidité. Les robustes piliers de bois qui soutiennent le 1er étage et les lourds sommiers intérieurs, dépassant les murs au dehors, sont reliés à ceux-ci et à la corniche moulurée, par de forts lacets et supportent à l'extérieur, par une sorte de cul de lampe, taillé dans le pilier, le bout des sommiers intérieurs. Une vaste cuisine, une grande salle et des chambres spacieuses composent la maison presbytérale. Une vaste cour, les bâtiments d'exploitation dont elle est édifiée font un contraste frappant avec le nouveau presbytère qui, peut-être plus beau en apparence, est loin d'avoir le confort de celui qu'il remplace. 

 L'ancien presbytère

 

Le nouveau presbytère

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10 - L'école communale : en quittant l'ancien presbytère et continuant notre route, nous trouvons, à 60 mètres environ, un édifice que sa forme particulière dit être l'école communale. Elle fut bâtie en 1868, avec les ressources de la commune seule, sur un terrain de 580 m² de superficie, concédé par la famille Eudes, sous réserve que l'école serait tenue par une ou plusieurs religieuses ; cette maison se compose d'une vaste classe largement éclairée par de grandes fenêtres, et pouvant contenir 60 élèves ; l'habitation se compose d'un côté de la mairie au rez de chaussée, et de l'autre côté du corridor, d'une salle et d'une cuisine ; les chambres de l'étage sont à l'usage de l'institutrice.

Jusqu'en l'année 1867, la paroisse n'ayant point d'école, était réunie pour l'instruction à Saint-André d'Hébertot ; à cette époque, l'administration communale, ayant pourvu au plus indispensable de ce qui regardait l'église et la construction du presbytère ? jusqu'à l'achèvement, car la maison existait ? ; c'est à dire jusqu'en 1869, d'une maison de location.

Il faut dire, à la louange des habitants et des administrateurs de la commune, qu'ils ne se sont point rebutés par les sacrifices à s'imposer, car, jusqu'à l'époque de la nouvelle organisation scolaire, ils ont eu à supporter seuls toutes les dépenses de construction, d'entretien du bâtiment et du personnel enseignant. En 1884, l'administration municipale a donné une nouvelle preuve de son bon vouloir en faisant construire deux préaux couverts, un pour les garçons, l'autre pour les filles, l'école étant mixte ; la dépense a été couverte en partie par la commune, partie par le département et partie par une large contribution volontaire de Monsieur Campion, maire.

La moyenne des enfants d'âge à fréquenter l'école depuis de longues années est de 50 environ. 

 L'ancienne mairie-école

 

[clic sur la photo pour voir le site d'où elle provient]

 

 L'école (photo datée de 2003)

 

 [clic sur la photo pour voir le site d'où elle provient] L'école actuelle

[clic sur la photo pour voir le site d'où elle provient] La mairie actuelle

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11 - Le calvaire : à 200 mètres plus loin, nous arrivons près d'un bois taillis ; encore quelques pas et nous trouvons à gauche une avenue de hêtres, dont le terrain très incliné nous conduit au domaine de Trianon. A droite, avant de nous engager dans la hêtraie, saluons au passage ce calvaire, élevé sur un reste de terrain dit Friche Saint-Benoît. C'est un colonne hexagonale, en pierre meulière avec moulures, doucine et gorge à la base, deux degrés circulaires, style 15ème siècle. Cette colonne n'a plus de chapiteau, elle est surmontée d'une croix en fer forgé, même style, sur laquelle est attaché un Christ en chêne, qui ne manque pas de mérite au point de vue de la statuaire. Le petit planitre où cette croix est, est planté d'un petit bosquet d'arbres d'ornement. Une grille en fer, due à la générosité de Monsieur Campion déjà cité, en ferme l'entrée. 

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12 - Trianon : nous tournons à gauche et après être descendus quelques centaines de mètres, nous nous trouvons en face de la demeure de Trianon. Il y a 4 ans, nous aurions encore trouvé, abrité par une magnifique couronne de verdure, un petit parc charmant ; aujourd'hui, nous ne voyons qu'une simple cour de ferme, avec maison à l'avenant. Ce qui donnait le plus d'attrait à cette habitation a disparu avec la propriétaire qui aimait à faire revivre les traditions du passé. Madame la Vicomtesse de Carrière, veuve d'un premier mariage de M. de Sandrey de Trianon, décédé à Versailles en 1864. Puisque cette demeure ne nous offre aucun attrait, montons un sentier à droite de la maison.

[clic sur l'image pour voir le site d'où elle provient]

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13 - Le château de Malmains : arrivés sur la lisière de la futaie, nous apercevons au dessus du vallon, à un côté, les restes du château de Malmains ; ces ruines indiquent une ancienne forteresse ; la façade devait avoir de 30 à 40 mètres de longueur, les murs étaient d'une épaisseur considérable, il en reste encore un peu de 7 mètres d'élévation. Il n'a pas dû être employé beaucoup de pierres de taille à cette construction ; on s'est servi de petits cailloux qu'on a dû trouver à l'endroit même et l'on a composé une sorte de béton qui a acquis une solidité à l'épreuve des siècles. Au-delà du ruisseau qui coule au bas de l'imminence où se trouve la forteresse, on remarque, sur le côté opposé, et à l'entrée de la forêt, les traces d'un vaste retranchement ; on dit qu'autrefois, il y avait au centre de ce camp retranché une chapelle qu'on appelait la chapelle de Malmains. Les ruines de Malmains font partie de la propriété ayant appartenu à Monsieur Sandret de Trianon, tandis que la chapelle aurait appartenu à la paroisse de Vieux-Bourg. Aujourd'hui, l'emplacement de la chapelle et du camp retranché font partie du domaine de la forêt de Touques (singulière manière de l'appeler, puisque ce territoire est sur la commune et paroisse de Saint-Gatien). Il paraît que dans son expédition d'Angleterre, le Duc de Normandie était accompagné d'un seigneur de Malmains, et l'on dit qu'il existe encore des seigneurs de ce nom dans la Picardie. Une notice dont nous ne pouvons vérifier la valeur historique et dont nous ne connaissons point l'auteur dit que Jean sans Terre fit bâtir en 1202 un château à Trianon ; or la maison qu'on appelle aujourd'hui le château n'est point un château, mais un simple édifice en bois, sans cachet architectural ; la seule ruine qu'on remarque dans le propriété de Trianon est la ruine de Malmains.

N'est-il pas permis de conclure que le château de Jean sans Terre est le château de Malmains ; on aura pu d'abord l'appeler le château de Trianon, puis le château de Malmains, ou bien simultanément de ces deux noms ; il s'ensuivrait que dans ces trois métairies (car Trianon signifie trois métairies), possédées par Jean sans Terre, il y avait un endroit appelé Malmains, où il aurait fait construire son château de Trianon. Quoiqu'il en soit, ce mot de Malmains, qui est d'origine latine dénote une haute antiquité, et comme l'étymologie n'est pas fort honorable, il est à croire que l'on aurait répandu cette dénomination, quelque peu sauvage, de seigneur de Malmains, ce qui expliquerait pourquoi la famille de Sandret, qui a possédé cette ruine pendant des siècles, a préféré le nom mieux sonnant de Trianon.

Nous lisons dans un ouvrage inachevé, intitulé «Notices sur diverses localités du département du Calvados», par Monsieur Guilmeth, ouvrage imprimé à Rouen, chez Berdalle de Lapommeraye, que Jean sans Terre vint le 15 mars 1203 de Vire et La Lande Patry à Bonneville sur Touques et à Trianon, près de Saint-Benoît d'Hébetot, et le 12 septembre suivant, qu'il partit de Saint-Benoît pour se rendre à Falaise.

Certaines traditions locales affirment qu'il existe un souterrain, partant des ruines de Malmains et par lequel Jean sans Terre se rendait de là à son château de Bonneville sur Touques ; nous n'avons pu constater le fait. Toutefois, Madame de Carrière le disait également ; en avait-elle la preuve par ses archives qui étaient en sa possession ? Nous ne savons. Toutefois, les archives de Trianon, lors de la vente du château en 1882, sont devenues la propriété personnelle de Maître Lecourt, notaire à Deauville.

La propriété de Trianon a des sources en abondance ; leur réunion forme un ruisseau qui porte le nom de la propriété et s'unit en amont des ruines au ruisseau de Grieux, pour se déverser dans celui de la Vigne, que nous avons dit faire limite entre Saint-Benoît et Vieux-Bourg. 

[clic sur l'image pour voir le site d'où elle provient] La motte féodale (ou castrale) de Malmain

"Motte castrale des Murailles, dite de Malmains : les ruines de cette motte féodale sont situées entre la ferme de Grieux et Trianon, dans la forêt de Touques, et situées dans une propriété privée. Elle a été classée monument historique en 1979."


Pour en savoir plus sur les "mottes' castrales"

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14 - La propriété Grieux : la propriété Grieux, sise à côté de Trianon, en allant vers le nord a été, il n'y a pas lieu d'en douter, une des trois métairies du domaine primitif ; et il n'y a pas plus d'un siècle que les deux propriétés, quoique divisées, appartenaient à des membres collatéraux de la famille de Sandret. Actuellement, ces familles ont cessé d'exister. Nous ne connaissons rien de particulier à signaler sur Grieux. 
 

En savoir plus sur la famille de Grieu (à venir)

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15 - 16 - Les Villains, le Friche Moisy : nous continuons notre excursion pour nous rendre au quartier du Friche Moisy, et nous longeons le groupe d'habitations appelé les Villains ; tout ce que nous pouvons dire sur l'origine de ces dénominations, c'est qu'elles viennent sans doute des nombreuses familles des Moisy et des Villains qui les habitaient.  Retour aux Quartiers

 

17 - 18 - Le Barquet, Bellevue : au centre de tous les endroits que nous avons signalés dans notre voyage circulaire se trouvent les lieux dits le Barquet et Bellevue. L'un et l'autre possèdent encore une antique demeure ou manoir ; nous les citons seulement comme souvenir, car ces manoirs n'offrent rien d'intéressant. Retour aux Quartiers

 

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4 - Les habitants

Il n'y a point dans la paroisse d'industrie particulière, les cultivateurs s'occupent simultanément de la culture des terres arables ; de l'élevage et de l'engraissage des bœufs ; du soin des vaches laitières, de la fabrication du beurre et des fromages, dits de Pont l'Evêque. On y trouve de beaux troupeaux de moutons, très estimés pour la boucherie. Le porc est le plus recherché pour la basse cour ; on y élève aussi des volailles, dindons et poules, mais sans rechercher précisément une espèce particulière ; on fabrique des cidres, poirés, eaux-de-vie ; on produit et élève de préférence de beaux et forts chevaux de race normande et percheronne ; les anglais et les américains savent les apprécier et recherchent surtout les sujets les plus propres à la reproduction.

Le chiffre actuel de la population est de 430 habitants ; il était de 465 il y a 20 ans. Depuis cette époque, l'immigration des jeunes gens, qui espèrent trouver à la ville une vie plus facile, un travail moins pénible et surtout plus d'amusements, est la principale cause de dépopulation de nos campagnes ; ce qui fait qu'aujourd'hui, on trouve difficilement des bras pour l'agriculture ; c'est une des causes qui empêchent de trouver des fermiers pour les grandes exploitations.

Le nombre des naissances pendant les trente dernières années a été de 307, celui des mariages de 100 et celui des décès de 290.

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5 - L'origine du mot "Hébertot"


Nous avons dit à notre sens, l'origine du titre paroissial et communal de Saint-Benoît. Quant à l'étymologie du mot "Hébertot", nous laissons à de plus habiles que nous l'honneur de l'expliquer d'une manière indiscutable. Il n'est pas difficile de conjecturer que la dernière syllabe du mot "tôt" ou "thot" désigne la principale divinité du culte druidique en honneur dans ces parages avant l'établissement du christianisme ; mais nous avouons notre impuissance à expliquer de manière plausible la première partie du mot. Nous dirons seulement pour terminer que le mot "Hébertot" s'appliquait d'une manière générale, avant la formation et la délimitation des paroisses, au territoire des trois paroisse de Saint André, de Saint Benoît et Vieux Bourg.

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Photos : collection personnelle et photos de Guillaume Thiphagne Rebours

Saint-Benoit d'Hébertot, en Pays d'Auge  Voir
Monographie -
Le Bureau Postal Voir
Range tes affaires ! Voir
Le bois du Cantonnement Voir
Les Frères de Charité Voir
Louis Charles de Grieu Voir

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